Drama per musica

Création 2011

Drama per musica orchestre « le corps du théâtre » et se saisit de sa machinerie pour créer un espace métaphorique. La poésie physique, charnelle et politique du poème Howl de Allen Ginsberg est le prétexte dont la structure répétitive et les visions multiples ont alimenté les recherches.
La performance musicale et scénique travaille les frontières du visible et de l’audible où les corps en activité construisent et déconstruisent des espaces imaginaires et concrets. Ces manipulateurs du théâtre tissent une écriture chorégraphique en couches successives par la répétition du geste et sa déformation.

Le projet s’appuie sur un corpus sonore conçu comme une approche historique et politique des variations d’un genre de musique qui travaillent les techniques du cut-up. La partition est composée de tissage et maillage d’écritures rythmiques de la Beat Generation, du Jazz cosmic de SunRa, de la House de Détroit jusqu’à la techno symbolisée par Ellen Allien et son label BPitch Control. Le corps du théâtre crée des espaces d’altération, de digressions physiques et de dérives d’utopie. Ainsi l’écriture du mouvement questionne les rapports d’assujettissement et d’aliénation des corps instrumentalisés par les rouages de l’industrialisation. La fin cauchemardesque de la love parade de l’été 2010 en a révélé les disjonctions d’une industrie culturelle de masse dominante et écrasante.

ALEXANDRE ROCCOLI Alexandre Roccoli, chorégraphe, producteur et conseiller artistique est diplômé en Sciences du Langage, en arts du spectacle. Il se forme en danse au Centre Chorégraphique National de Montpellier chez Mathilde Monnier puis travaille chez Ariane Mnouchkine au Théâtre du Soleil de 1999 à 2002. Depuis 2003, Il collabore à Berlin avec avec Tino Seghal, Eszter Salamon, Suzanne Bergrenn puis à New-York comme résident chez Buswick et CPR. Il est aussi, Directeur artistique de “A short term effect”, compagnie implantée en Rhône-Alpes porteuse de productions scéniques et d’expositions liant les champs de la chorégraphie de la musique et de la mode (avec l’IFM à Paris et Jean-Paul Goude à la Galerie des Galeries Lafayettes entre autre).

SÉVERINE RIÈME Séverine Rième, chorégraphe, productrice, scénographe lumière crée au sein de Flashtanz le solo “Fibres”, les trios “Strates”, “Hordycie” et « Je ne suis personnes » pièce pour 5 danseuses. Dès 2005, elle collabore avec Alexandre Roccoli pour “Ersatz” et “A short term effect”. Ses conceptions lumière travaillent les jeux entre fantasmagorie, phénomènes optiques et fonctionnalité de la lumière qui participent au parti pris d’une écriture autonome et délivrent sa propre fiction. Elle crée en collectif la pièce « Last, Last » aux Subsistances en 2008 et réalise les scénographies lumière de l’exposition « Swing » à la Galerie des Galeries Lafayettes et collabore aux pièces « Choisir le moment de la morsure » et « Bestiole » de Myriam Gourfink.

ELLEN ALLIEN Ellen Allien fonde son propre label BPitch Control en 1999 et fait la promotion d’une Intelligent Dance Music (IDM), toujours expérimentale, aux rythmes syncopés, aux sonorités déchirées, ciselées aux machines et soutenues par des basses techno. Elle sort son premier album Stadtkind en 2001 puis s’associe avec Apparat aka Sascha Ring co-dirigeant du label Shitkatapult, pour sortir son second album qui fera date en 2003 : Berlinette, en hommage à Berlin. À partir des sons développés par Autechre et Apparat, et basés sur des programmes d’algorithmes, Ellen Allien apporte sa touche personnelle à l’histoire de l’Electro tendance IDM et à la Techno : une ambiance aérienne et mélodique notamment par sa voix devenue étrange sous l’effet des machines, comme découpée et hachée par la rythmique elle même. Sa voix apparaît alors comme un instrument à part entière : claire ou triturée par l’électronique, elle se mêle à la musique avec une délicieuse harmonie. Délicate et précise, l’electro d’Ellen Alien est une véritable invitation au voyage. Entre ses mixes, ses productions régulières, son label Bpitch Control, elle reste l’une des pièces maîtresses des cultures électroniques depuis des années.