Festival Image de Ville #9

Du 11 au 15 novembre 2011

Seconde Nature, Aix-en-Provence

Dans le cadre de l’accueil d’une des étapes du festival, Seconde Nature présentera une sélection de films du Fresnoy.

Cette nouvelle édition traitera de la thématique de l’espace public à travers LA RUE.

Espace essentiel de la ville, la rue est le lieu du croisement et de la rencontre, du flux et de l’échange, le lieu de la diversité, un espace d’expression, culturelle et artistique. Souvent confisquée par certains usages particuliers (la voiture, la consommation marchande.), comment la rue peut-elle encore conjuguer usages multiples et attentions pour le bien de tous ? Territoire d’accueil et d’hospitalité, la rue doit être pensée par tous et pour tous, et demeurer le lieu de tous les possibles. Pour faire face aux tentations de scénarisation, d’uniformisation et de repli sur soi qui traversent la question de la ville dans son ensemble, la rue - et plus largement l’espace public - doit demeurer le lieu de « l’être ensemble ».

www.imagedeville.org

Infos pratiques

Entrée libre

Vendredi 11 novembre : de 14h à 17h
Du 12 au 14 novembre : de 14h à 19h
Mardi 15 novembre : de 14h à 17h

Visite possible avec un de nos médiateurs sur réservation au 04 42 64 61 01 ou à l’adresse public@secondenature.org

Plage de Dominique Gonzalez-Foerster

2001 | 35:15

Cette séquence mélancolique offre un panorama hypnotisant de la plage surpeuplée de Copacabana à six heures du matin, où l’on voit notamment des flashes ensorcelants, des feux d’artifices et une soudaine averse.

Une plage, la nuit - des gens habillés tout en blanc, La camera longe le bord de l’eau et respire avec les vagues, on entend une voix, qui se transforme lentement en chanson. On quitte la plage et on commence a percevoir la rue, la foule tout en blanc qui se déplace dans tous les sens. On entend une deuxième voix qui parle des dessins sur les trottoirs de Copacabana. On survole les grands dessins sur les trottoirs, la foule semble tenir compte des dessins de manière inconsciente. Certains dessins rappellent directement le motif des vagues. Une troisième voix raconte un souvenir sensuel. On revient lentement vers la plage éclairée par de grands projecteurs, la foule en blanc et des petits feux dans le sable. C’est maintenant la voix d’un architecte qui raconte deux projets pour Copacabana. On sent les bâtiments se construire sur la plage a travers son récit.

Changement de plan - Extérieur nuit - Plage - Explosions : Les gens au bord de l’eau sont éclairés par des explosions colorées, ils regardent vers le ciel. Atmosphère volcanique, guerrière et festive a la fois. La camera se déplace dans la fumée et les explosions, la fumée s’éclaircit et on reconnait les dessins des trottoirs de Copacabana - Mais les explosions continuent. On entend une voix qui semble provenir d’une radio. la fumée empêche de voir la foule, on revient vers plage. On entend une autre voix qui parle d’utopie humaine réalisée... Les explosions sont terminées, il pleut. On se déplace sur les dessins, d’immenses dessins de vagues en noir et blanc, il y a beaucoup de parapluies, une impression de comédie musicale spontanée. La foule se déplace...

Impasse de Antonia Fritche

2005 | 35:08

Pour rentrer chez lui, Martin, un jeune étudiant, marche dans les rues de Mexico. En tournant, il traverse une rue vide, des sons étranges lui font se rapprocher du mur ; il trouve une porte, l’ouvre et entre dans un tunnel qui débouche soudainement a Paris. Il y rencontrera une fille qui lui donne rendez-vous quelques heures plus tard ; il pense avoir le temps de retourner chez lui, a Mexico, pour y prendre quelques affaires. Une construction narrative est proposée sous forme de roman-photo filmée au banc-titre. Le fait de travailler a partir de photos filmées permet de traiter du temps sous plusieurs formes : l’action arrêtée par la photo retrouve un mouvement (différent à celui d’origine) à travers le film.

Winter de Tessa Joosse

2010 | 8’

Un homme déambule seul dans les rues désertes d’une ville nord européenne et commence lentement à délirer. Ses pensées vagabondent et il commence à chanter pour les chasser. La ville, empathique, essaie de le réconforter mais échoue, au même titre qu’une chorale.

Brises de Enrique Ramirez

2008 | 35:13

La brise du vent qui croise mon visage, qui croise le tien, qui croise cet endroit, la balle dans la tête, le sang sur le plafond… Comment regarder à nouveau l’histoire ? Comment revenir en arrière ? Guérir prend du temps, guérir a un temps, les bâtiments, les avions, la couleur grise, la nuit, la coupe de lumière, les feuilles qui tombent du ciel, les visages que jamais je n’ai revus, l’histoire, la mémoire, l’eau qui nettoie tout, la nourriture de ma mère, le vent qui caresse les feuilles, les couleurs du ciel, le froid de la mer, la peur de mourir… Les endroits communs qui nous manquent, l’histoire est à nous… l’histoire est à moi.
Je suis né en 1979, six ans après le coup d´état militaire au Chili. J’ai grandi sous la dictature, dans les bras de ma mère. Elle m’a raconté que, paradoxalement, c’était la période la plus heureuse pour elle. Elle a vécu la Dictature derrière un mur, protégée de tout. Dès que j’ai grandi, ma mère s’est rendu compte qu’il n’y a pas eu de période plus néfaste au Chili auparavant. Je suis un morceau de cette histoire, pleine de contradictions. Après le retour à la démocratie, durant le gouvernement du président Ricardo Lagos Escobar, le bâtiment du Palais Présidentiel a été repeint de sa couleur originelle, blanc cassé et le passage piétons a été réouvert lors du 30è anniversaire du coup d’état. Les gens ont parcouru ses intérieurs pour la première fois. Ce fut le premier symbole des changements. Désormais, après 10 ans de démocratie, les citadins peuvent seulement entrer dans la Maison du Gouvernement par un parcours orienté du nord au sud, c’est-à-dire de la Place de la Constitution vers la Place de la Citoyenneté.
Il est interdit de traverser dans le sens inverse.
C’est un signe que les portes du Palais Présidentiel ont été ouvertes, mais en même temps, c’est un symbole qui sous-entend qu’il ne faut pas reculer dans l’histoire mais seulement regarder vers l’avant. Dans ce sens, cette démocratie n’est pas telle qu’elle se donne, elle est simplement une "arrièreboutique" pleine d’images publicitaires.
Aujourd’hui, cette image qui parle de l´Histoire du Chili peut en même temps, nous conduire vers d’autres lieux dans le monde, aux « murs » que chaque pays charge dans son histoire….
L’homme souffrant, l’homme fatigué, l’homme libre qui marche par les grandes allées…
© Enrique Ramirez et Le Fresnoy – Studio national

Le touriste de Gregg Smith

2003 | 5’

Par ce projet, je continue à m’interroger sur ce qu’est notre conscience de la réalité, et notre tendance psychologique à faire des projections.

L’idée du touriste est un point de départ, une métaphore de cette situation où l’on désire fortement une nouvelle vision et un nouveau rapport au monde, tout en craignant de lâcher prise sur le passé. Le touriste m’intéresse parce qu’il est dans une situation où il ne peut pas bien comprendre ce qui l’entoure, mais est stimulé par la nouveauté et les brefs aperçus de ce qui lui échappe. On peut dire que dans cette situation, l’aspect physique de la réalité est d’autant plus présent qu’il est inhabituel, et que le désir de s’y projeter est proportionnellement important. G.S.

L’homme du Pincio de Alain Fleischer

1991-92 | 60mn

Tous les jours à la même heure, hiver comme été, un homme apparaît dans les jardins du Pincio à Rome. Un autre est là pour le filmer. Ils ne se connaissent pas. Ils ne se sont jamais parlés. Mais le rendez-vous quotidien dure pendant plusieurs années. Entre sept heures de l’après-midi et huit heures et demi, l’homme qui est apparu au Pincio, traverse plusieurs quartiers de Rome jusqu’à rentrer chez lui. Un rituel précis est rigoureusement respecté jour après jour, celui qui est filmé entraînant le filmeur à la suite de ses règles étranges. (Georges Didi-Huberman a consacré à ce film un texte intitulé " L’homme qui papillonne " dans la revue Cinémathèque)