Le spectacteur est un autre

29/01 > 5/03 2010

Seconde Nature, 27bis rue du 11 novembre, Aix-en-Provence

Les murs ont des oreilles ! Accueillir le cinquantenaire des Amis du Théâtre Populaire fait résonner l’histoire et la mémoire de ce lieu que nous occupons aujourd’hui, et qui fût de longue date à l’avant-garde de l’innovation artistique. Nous avons eu le désir commun de croiser ce qu’il était avec ce qu’il est aujourd’hui, et de préparer l’avenir en y proposant des formes faisant écho à la question du spectateur, à la croisée de nos univers respectifs.

En installant les photographies d’Ito Josué « Le Théâtre de ceux qui voient » et trois oeuvres multimédias d’Antoine Schmitt, « Psychic », « Le Grand Générique » et « Mnesic » dans ce lieu historique de la vie culturelle aixoise, Seconde Nature et les Amis du Théâtre Populaire inscrivent ensemble une continuité dans la ville.


Infos pratiques :

Horaires : du mercredi au samedi de 13h à 19h. Entrée libre.
Du 29 janvier au 5 mars 2010.

Entrée ibre

Accès : Seconde Nature, 27bis rue du 11 novembre, Aix en Provence (rue perpendiculaire au cours Sextius).
voir plan

- Organisez votre visite : Seconde Nature vous propose des visites accompagnées de l’exposition, en groupe ou individuellement.
Pour plus de détails, téléchargez le pdf ici en lien
Renseignements : 04 42 64 61 01

Ito Josué

« le Théâtre de ceux qui voient » | Photographies, 1948/1963

« le Théâtre de ceux qui voient » ©Ito Josué « le Théâtre de ceux qui voient » ©Ito Josué « le Théâtre de ceux qui voient » ©Ito Josué « le Théâtre de ceux qui voient » ©Ito Josué « le Théâtre de ceux qui voient » ©Ito Josué
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Commande de Jean Dasté pour la comédie de Saint Etienne, ces portraits de spectateurs ont été réalisés de 1948 à 1963 par Ito Josué, avec la collaboration de Louis Caterin. Les images ont notamment été exposées au Centre Pompidou et ont fait l’objet de la publication d’un livre, « Le théâtre de ceux qui voient », préfacé par Jean Dasté.

Antoine Schmitt

« Psychic » (2004), « Le Grand Générique » (2009), « Mnesic » (2010) | Installations

Plasticien du mouvement, Antoine Schmitt développe depuis plus de dix ans un langage plastique singulier autour de la création de formes semi-autonomes sensibles, interactives ou génératives placées en situation délicate. Dans des installations minimales ou monumentales, il interroge ainsi des thèmes contemporains ou intemporels comme l’humain et sa condition d’être, la réalité et sa consistance, le contrôle et ses complexités, les forces et leur formes. Il place la programmation, médium qu’il considère comme radicalement nouveau par sa dimension active, au coeur de toutes ses créations. Par ailleurs, Antoine Schmitt, seul ou à travers des collaborations, a entrepris de confronter ce langage avec des champs artistiques plus établis comme la musique, la danse, l’architecture, la littérature ou le cinéma dont il revisite ainsi les codes.

Son travail a été primé dans plusieurs festivals internationaux : medi@terra (Athens 1999), Interférences (Belfort, FR 2000), transmediale.01 (Berlin 2001), festival international de vidéo-danse (Paris 2002), Vida 5.0 (Madrid 2002), machinista (Perm Russia 2003), CYNETArt (Dresden, DE, 2004), transmediale.07 (Berlin, DE) et a été exposé entre autres au Centre Georges Pompidou (2002, 2004), au Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris (1999), à Sonar à Barcelone (2002, 2004, 2005), à Ars Electronica (2003), au Centre d’Art Contemporain de Sienne (2004), au Musée d’Art Contemporain de Lyon (1997), à Villette Numérique (2004) et à Slick (Paris, 2006, 2007).

Comme théoricien, conférencier, membre de jury, et éditeur du portail gratin.org, Antoine Schmitt explore le champ de l’oeuvre d’art programmée.

www.gratin.org/as

Antoine Schmitt pose aujourd’hui la question du spectateur avec trois pièces, « Psychic » (2004), « Le Grand Générique » (2009) et Mnesic (2010) :

- « Psychic »
Installation visuelle et sonore interactive | 2004

Avec « Psychic », Antoine Schmitt réalise une double inversion. D’abord une inversion du mécanisme muséal dans le sens où ici c’est l’oeuvre qui regarde le spectateur. Qui le regarde réellement, avec une caméra, un système perceptif et un système cognitif interprétatif. Le spectateur ne voit que le résultat de ce processus analytique sous forme de symboles : du texte qui le représente, lui, ici et maintenant.

- « Le Grand Générique »
Installation en ligne sur www.thegrandcredits.info | 2009

Un long générique défile lentement sur l’écran de cinéma, de bas en haut. Prénom, nom. Prénom, nom... C’est la liste des noms de tous les êtres humains.

Tout le monde est nommé, et tous les noms sont affichés avec la même importance visuelle. La liste n’est ni chronologique ni alphabétique. Lors de ses expositions, le Grand Générique affiche en priorité les noms des personnes liées à la ville et au contexte artistique de l’exposition. Il crée ainsi un lien miroir avec les spectateurs. Cette oeuvre d’art technologique permanente installée sur internet utilise tous les moyens possibles pour lister effectivement les noms de tous les êtres humains.

Extrapolant les 15 minutes de célébrité warholiennes dans notre société démocratique du spectacle, Le Grand Générique donne à chacun effectivement sa place au générique.

Mais quel est le film ? Y a-t-il un scénario ? Qui l’a écrit ? Les choses sont-elles pré-programmées, ou bien chacun est-il encore libre de ses actes ? Le Grand Générique est ancrée dans une obsession plastique de l’opposition entre destin et libre-arbitre, et renvoie in fine chacun à la question de son identité et de sa responsabilité.
Est-ce un générique de fin ou un générique de début ?

- « Mnesic »
Installation sonore interactive | Création

Mnesic est une installation sonore qui agit comme mémoire sonore du lieu dans lequel elle est placée. Disposant de microphones placés dans l’espace, dotée d’une sensibilité autonome, elle écoute, choisit et enregistre des mots, des phrases, des sons qui y sont prononcés. Plus tard, elle s’en remémore certains et les rejoue dans les haut-parleurs répartis dans le même espace. Elle a ses humeurs, ses préférés. Elle oublie aussi. Mais elle peut se souvenir pendant extrêmement longtemps.

Mnesic est typiquement installée à long terme dans un espace de vie, comme un lieu public, une exposition, une habitation, etc... Elle constitue ainsi un témoignage sonore subjectif et perpétuellement évolutif de l’histoire du lieu. Mais aussi, par sa partialité même, Mnesic interroge sur l’influence complexe de la mémoire, à la fois structurante et forcément lacunaire, dans la construction d’une identité.