TONOGRAPHE

Cléa Coudsi & Éric Herbin

[Techniques mixtes, dimensions variables, 2013]

Un plateau sur lequel repose une feuille de papier quadrillée vierge effectue un mouvement de gauche à droite. Au dessus, un bras se déplace perpendiculairement au plateau. Cinq aiguilles sont fixées à l’élément surplombant. Elles descendent, piquent, se lèvent tour à tour, et selon des rythmes différents, perçant la surface de papier de milliers de trous de quelques millimètres de diamètre. Les paroles récoltées ont été traduites en code binaire. Ce code fait office de chorégraphie, il commande l’impulsion des aiguilles, toujours unique. Il est l’empreinte d’une voix, d’un récit. Lentement les aiguilles marquent la surface du papier. Elles donnent à voir des séquences parlées et rendent visibles des signaux acoustiques (des amplitudes, des attaques, une enveloppe sonore, des fréquences, des phonèmes, des consonnes). Dans le même temps, elles vident le papier d’une partie de sa matière. Il faut approximativement huit heures à l’appareil pour graver une séquence entière. Le spectateur n’assiste qu’à une part de ce long travail. Doucement le papier se fragilise, devient dentelle. Le graveur de paroles perce la surface d’un papier quadrillé : un support millimétré en attente d’un plan. Lentement la machine inscrit sa marque sur la surface, perce le quadrillage.

Ce projet a bénéficié du soutien de la Bourse de Création de la Région Nord Pas-de-Calais.