TONOGRAPHIE RÉTROÉCLAIRÉE

Cléa Coudsi & Éric Herbin

[Création spécifique pour l’exposition, feuilles de papier millimétré percées, table lumineuse, 1,35 m x 1,65 m, 2013]

Une fois la séquence orale gravée, le papier quadrillé et scarifié est placé sur une surface lumineuse. Les trous percés de part en part laissent passer de la lumière. Celle-ci a pour source un caisson lumineux. L’intensité lumineuse varie dans le temps, évoque le rythme de paroles. Le code parle. Le papier respire. Le code percé : un univers de points lumineux, une carte. Comme les jeunes rencontrés, comme les lieux qu’ils ont décrits, l’oeuvre est en permanente mutation : une surface perforée à la fois plane et profonde, organique et architecturale, calme et violente. Il est possible que le spectateur ait sa perception troublée, perturbée. La vision du motif crée par les aiguilles va varier selon la place occupée face à la table. La vision de droite sera différente de celle de face ou de celle gauche. De loin on ne verra pas la même chose que de près. Parfois le spectateur se trouve devant une simple surface de papier percé, puis le code lumineux littéralement surgit de l’autre côté du papier, de là bas. Mais, comme il surgit dans l’élément de l’éclat, nul ne peut dire où se trouve exactement ce là bas. Parfois, selon des rythmes et des vibrations continuellement changeants, la lumière traverse les trous produits par le Tonographe. La lumière crée l’espace. La surface de papier est un écrin de lumière. Chaque obscurité est volume rempli de mémoire.