Exposition "Dessine-moi un mutant"
Du 5 juin au 1er août 2009
Scène Numérique / Fondation Vasarely, Aix-en-Provence
Sous l’éclairage thématique des « métamorphoses », l’exposition « Dessine-moi un mutant » offre en vis-à-vis de la Saison Picasso une perspective contemporaine des mutations du corps, du paysage, du territoire.
Du questionnement sur les manipulations génétiques ou de la domination de l’Homme chez Eduardo Kac, France Cadet ou encore Du Zhenjun, aux interrogations radicales de la place des machines dans notre société chez Granular Synthesis et Vincent Elka, nous vous proposons un parcours dans les griffes de l’hydre du numérique et de son antichambre à l’image du bestiaire numérique, création originale présentée à la Scène Numérique.
Et en point d’orgue, dès le 7 juillet, le dernier dispositif de cinéma immersif développé par le iCinema Center de Sydney, rhabillé en image par 10 ans de productions audiovisuelles de Jean Michel Bruyère / Lfks à la recherche des traces de la Tragédie d’Actéon dans notre société contemporaine. Une invitation à un regard introspectif pour questionner et comprendre ce mutant numérique que nous sommes en passe de devenir.
Genesis d’Eduardo Kac
Installation . BR . 1999
Le Bestiaire Numérique
Installation audiovisuelle, création collective internationale
Le Bestiaire Numérique est une création produite par Seconde Nature. Immergé dans une galerie des glaces circulaire, le spectateur se retrouve dans un monde fait d’objets mobiles et de chimères par le truchement de l’illusion optique grâce au subterfuge de miroirs sans tain. Le Bestiaire Numérique articule autour de cette scénographie originale, une collection de créations audiovisuelles commandées à des artistes, vidéastes et musiciens, qui travaillent sur la notion d’hybridation, et sur la création de mutants comme archétypes de notre imaginaire collectif. Le visiteur parcourant l’installation découvrira derrière chaque miroir, comme derrière la vitre d’un vivarium, un mutant numérique.
Avec les projets de :
Alive and Gone de Regis Cotentin, musique de Lavender Hill / Alain Fleischer / Epidermia Bestiarium de Marcel Li Antunez, musique de
Carles Lopez . Translations Jugulaires de Thomas
Israel, musique de Gauthier Keyaerts aka The Aktivist / Chienman : vidéo et Musique de Du Zhenjun / Franzenman : Vidéo et Musique de Transforma
Augmented Reality d’Adelin Schweitzer / redSugar
Installation . FR . 2009
Hunting trophies de France Cadet
Installation . FR . 2008
Road Music de Peter Sinclair
Dispositif embarqué . FR . 2009
Pol de Granular Synthesis
Installation . DE . 1998 /2008
Chienman de Du Zhenjun
Installation . FR / CH . 1997
Shout de Vincent Elka
Installation interactive . FR . 2007 / 2009
La dispersion du fils - Jean Michel Bruyère/Lfks - AVIE
France, 2009
La Dispersion du Fils exploite l’abondance des sources image et son de LFKs (plus de 500 films réalisés entre 1999 et 2007, par une équipe artistique homogène, sur des sujets et/ou des motifs connexes) et les assemble en un seul immense objet : un environnement vidéo panoramique 360 degrés, 3D, interactif, conçu dans le système AVIE (Advanced Visualisation and Interaction Environment) du iCinema UNSW (Sydney).
Dans le ventre héliaque de la Petite Chienne
Par erreur ayant mangé leur jeune maître qu’Artémis osée nue avait tourné en un cerf, les chiens d’Actéon dans la montagne une année entière restèrent à le chercher ; ils l’aimaient. Et si Actéon dans leurs ventres était encore pour un temps partout avec eux, ils ne le trouvaient bien sûr nulle part. Ce n’était pas qu’il ne fût plus là, c’était qu’il était plus que là : il était en eux, à les nourrir de ses propres morceaux. Il était ce que la fi bre de milles muscles lancés à sa recherche consommait en pure perte. Et ses chiens ne pouvaient cesser de l’espérer dans la forêt, d’autant qu’involontairement ils l’y répandaient peu à peu par leurs crottes dispersées, ils l’y jetaient contre les arbres à grands traits de pisse. Ainsi, partout où ils allaient pour le chercher, ils déposaient sans le savoir quelque chose de lui, en quoi s’affola toujours plus leur fureur à le trouver là. Après une année, la horde avait brûlé une telle masse de désir et d’effort que la montagne d’abord en fût échauffée et bientôt la Terre entière et si fortement même qu’elle parut prête à brûler sur elle, à se consumer comme le Soleil, dont elle semblait alors s’être tant rapprochée. Entre la planète et l’étoile, il n’était plus rien qu’un petit fossé dans lequel à l’aube du premier jour de la seconde année les chiens d’Actéon en vinrent à se jeter et mourir aussi fous qu’épuisés. Ainsi naquit la constellation du Chien, Sirius la torride, notre Canicule, dont le lever héliaque chaque 365,25 jours brûle les forêts, échauffe les esprits, répand les épidémies de suicide et de rage. Les visiteurs de la Dispersion du Fils font un voyage, un va et vient entre l’intestin et le ciel, entre les viscères et l’étoile, entre chien et chaud. Ils avancent, dans un corps animal, jusqu’au corps céleste. Tout autour d’eux vient, passe et revient un cahos d’images ; c’est la mémoire d’Actéon portée par les chiens qui le cherchent, c’est son impensable expérience. Elle revient, oui, elle insiste. Mais en morceaux et telle qu’elle fut dispersée : dans le sang et la hargne.
L’avancée technologique, la nouveauté, ici, nous renvoie où nous n’étions pas encore allés : à l’archaïsme du mythe de Diane et Actéon. Elle permet un retour vers les origines par un chemin jamais emprunté, elle ouvre une remontée par l’insu et vers un point d’origine jamais atteint : elle nous autorise enfi n une anabase. Si poteris. Si poteris, licet. Jean Michel Bruyère
La Dispersion du Fils : Jean Michel Bruyère avec Matthew McGinity, Delphine Varas et Thierry Arredondo. Conception, Tournage et Réalisation : Jean Michel Bruyère. Logiciel et Graphisme : Matthew McGinity. Montage et Post-production : Delphine Varas. Musique et Son : Thierry Arredondo. Développement. Logiciel iCinema : Xin Guan, Ardrian Hardjono, Jared Berghold, Alex Kupstov. Conception technique de l’installation : Damian Leonard, Robin Chow, Marc Chee, Densan Obst. Extraits de CaMg(CO3)2 filmés avec la PanoramaCamera du ZKM et assemblés par Bernd Lintermann. Développement de la PanoramaCamera du ZKM en collaboration avec Jeffrey Shaw. Coproduction LFKs, Marseille, Epidemic, Paris, Berlin, UNSW iCinema Centre, Sydney, Le Volcan Scène Nationale, Le Havre. Cette oeuvre a été inspirée de et créée pour l’environnement AVIE (Advanced Visualisation and Interaction Environment) développé au UNSW.











